Livret A à 1,7 %: le LEP garde huit dixièmes d’avance
Les nouveaux taux entrent en vigueur le 1er août. Avant de déplacer de l’argent, il faut distinguer la hausse du Livret A, l’avantage maintenu du LEP et la règle des quinzaines.

La hausse du Livret A annoncée pour le 1er août est réelle, mais elle ne bouleverse pas à elle seule le rendement d’une épargne de précaution. Son taux annuel passera de 1,5 % à 1,7 %, et celui du LDDS suivra exactement le même mouvement. Le LEP, lui, restera à 2,5 %. Le repère utile n’est donc pas seulement le gain de deux dixièmes sur les deux livrets les plus répandus. C’est aussi l’écart de huit dixièmes maintenu en faveur du livret réservé aux revenus modestes.
Le calendrier est confirmé. Le ministère de l’Économie et des Finances a annoncé les nouveaux taux le 15 juillet, sur proposition du gouverneur de la Banque de France. Ils entreront en vigueur le 1er août 2026. Jusqu’au 31 juillet inclus, le Livret A reste rémunéré à 1,5 %. Le LDDS est aligné sur le Livret A par construction. Pour le LEP, le ministère a choisi de conserver 2,5 %, alors que la formule réglementaire aurait conduit à 2,2 %, selon Service Public.
Cette différence vient de deux mécanismes. Le taux du Livret A tient compte de l’inflation hors tabac et des taux interbancaires de court terme dans la zone euro, puis il est fixé pour six mois. Le LEP suit une formule distincte et peut recevoir un soutien supplémentaire. La décision d’août préserve ainsi un écart de 0,8 point. Elle ne transforme pas le LEP en placement sans condition: son ouverture et sa conservation dépendent toujours du domicile fiscal en France et du revenu fiscal de référence.
En euros, l’ordre de grandeur évite de surévaluer l’annonce. Avec 1 000 euros laissés pendant une année entière à taux constant, 1,7 % correspond à 17 euros d’intérêts, contre 15 euros à 1,5 %. À 2,5 %, le même capital produit 25 euros. Ces exemples supposent l’absence de retrait ou de dépôt et ne constituent pas une prévision du total versé au titre de 2026, puisque le Livret A aura appliqué 1,5 % pendant les sept premiers mois puis 1,7 % à partir d’août.
Pour mesurer seulement la fin de 2026, il reste dix quinzaines complètes du 1er août au 31 décembre. Sur 1 000 euros constants, la partie rémunérée à 1,7 % représente environ 7,08 euros sur cette période. Si le taux était resté à 1,5 %, elle aurait représenté 6,25 euros. La hausse ajoute donc environ 83 centimes d’ici la capitalisation de fin d’année. Le LEP à 2,5 % produirait environ 10,42 euros sur les mêmes dix quinzaines, soit près de 3,33 euros de plus que le Livret A. Les arrondis bancaires peuvent modifier les centimes.
Le premier contrôle pratique consiste à regarder l’éligibilité au LEP, pas à lancer un virement au hasard. Pour une ouverture en 2026, la banque examine le revenu fiscal de référence de 2024 ou de 2025 selon la date de la demande. En métropole, le plafond indiqué par Service Public est de 23 028 euros pour une part de quotient familial. Il augmente avec le nombre de parts et diffère en outre-mer. L’avis d’impôt et le tableau officiel sont donc plus fiables qu’un seuil isolé repris sans la composition du foyer.
Une personne ne peut détenir qu’un LEP. Dans un foyer soumis à imposition commune, chacun des époux ou partenaires de Pacs peut toutefois en avoir un s’il remplit les conditions. Une personne majeure encore rattachée au foyer fiscal de ses parents ne peut pas en ouvrir à son nom. La banque peut interroger l’administration fiscale pour vérifier le plafond ou demander l’avis d’imposition. Si les revenus dépassent le seuil une année, le livret n’est pas nécessairement fermé immédiatement; le dépassement doit persister selon les règles détaillées par Service Public.
La seconde vérification porte sur les dates de valeur. Sur le Livret A comme sur le LEP, les intérêts sont calculés par quinzaines. Un dépôt réalisé du 1er au 15 commence à produire des intérêts le 16. Un dépôt effectué du 16 au dernier jour du mois est pris en compte le 1er du mois suivant. Ainsi, une somme nouvelle versée le 20 juillet commence normalement à être rémunérée le 1er août. Elle ne gagne pas d’intérêts pour la seconde moitié de juillet, même si elle apparaît déjà dans le solde disponible.
Les retraits suivent la logique inverse. Un retrait entre le 1er et le 15 est valorisé au dernier jour du mois précédent; un retrait entre le 16 et la fin du mois est valorisé au 15. Déplacer une somme d’un livret à un autre peut donc supprimer une quinzaine d’intérêts selon l’enchaînement des opérations. Cette mécanique mérite d’être comprise, mais elle ne doit pas retarder une dépense nécessaire. La liquidité sert précisément à faire face à un besoin, et quelques jours d’intérêt pèsent souvent moins que des frais ou un découvert évité.
Les trois produits conservent leurs atouts communs: capital disponible, opérations gratuites dans le cadre réglementaire et intérêts exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ils n’ont cependant pas les mêmes plafonds de versement. Le Livret A accepte jusqu’à 22 950 euros de dépôts pour une personne physique, tandis que le LEP est plafonné à 10 000 euros de versements. Les intérêts peuvent faire dépasser ces plafonds. Le LDDS peut compléter un Livret A, mais son taux identique ne crée pas d’avantage de rendement à date égale.
La décision raisonnable tient donc en trois questions. Êtes-vous éligible au LEP? La somme doit-elle rester immédiatement disponible pour les dépenses imprévues? Les dates de valeur d’un éventuel transfert sont-elles comprises? Si le LEP est accessible et n’est pas rempli, son taux de 2,5 % lui donne un avantage net sur le Livret A à partir du 1er août. Si ce n’est pas le cas, la hausse à 1,7 % améliore modestement le Livret A et le LDDS sans exiger aucune démarche. Dans tous les cas, le nouveau taux est un paramètre de rangement de l’épargne, pas une injonction à déplacer tout son argent.
Sources
- Ministère de l’Économie et des Finances, « Épargne réglementée: le Livret A passe à 1,7 % et le LEP se maintient à 2,5 % à compter du 1er août 2026 », communiqué du 15 juillet 2026, consulté le 20 juillet 2026. Vérifié: taux, date d’entrée en vigueur, alignement du LDDS, fiscalité et caractéristiques générales.
- Service Public, « Livret A et LEP: quelle évolution des taux de rémunération à compter du 1er août 2026? », publié le 15 juillet 2026, consulté le 20 juillet 2026. Vérifié: passage du Livret A et du LDDS à 1,7 %, maintien du LEP à 2,5 %, formule théorique du LEP à 2,2 % et statut confirmé.
- Service Public, « Livret A », vérifié le 22 juin 2026 et consulté le 20 juillet 2026. Vérifié: plafond, disponibilité, fiscalité, calcul par quinzaines et dates de valeur des dépôts et retraits.
- Service Public, « Livret d’épargne populaire (LEP) », vérifié le 27 mars 2026 et consulté le 20 juillet 2026. Vérifié: éligibilité 2026, plafonds de revenu, détention dans le foyer, contrôle par la banque, plafond de versement, fiscalité et calcul des intérêts.
- Service Public, « Livret de développement durable et solidaire (LDDS) », vérifié le 20 février 2026 et consulté le 20 juillet 2026. Vérifié: alignement du taux, disponibilité, gratuité des opérations, plafond, fiscalité et calcul par quinzaines.
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