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Zone tendue: le nouveau loyer ne repart pas de zéro

Du 1er août 2026 au 31 juillet 2027, un bail de résidence principale reprend en principe le loyer du précédent locataire, avec des exceptions cadrées. Le contrat doit donner la clé de vérification.

Une clé d’appartement relie un ancien bail et le nouveau, maintenus au même repère de loyer.
Illustration conceptuelle: en zone tendue, le nouveau bail reprend en principe le loyer précédent comme point de départ, sous conditions et exceptions. Image générée par IA

Un changement de locataire ne remet pas automatiquement le compteur du loyer à zéro dans une commune située en zone tendue. Pour un logement loué comme résidence principale et remis en location après moins de 18 mois d’inoccupation, le montant payé par le précédent occupant sert en principe de base au nouveau bail. Le décret du 20 juillet 2026 a reconduit ce cadre pour les contrats conclus ou renouvelés entre le 1er août 2026 et le 31 juillet 2027.

Ce texte ne crée pas un blocage identique pour tous les logements français. Il renouvelle pour un an l’encadrement de l’évolution des loyers dans les zones où l’offre locative est insuffisante au regard de la demande. Le premier réflexe consiste donc à vérifier l’adresse dans le simulateur de Service Public. Une ville connue pour son marché tendu ne suffit pas comme raccourci: le classement se vérifie commune par commune, et la nature du bail compte aussi.

Pour une relocation récente, la donnée décisive se trouve dans le contrat. Le bail doit mentionner le montant du dernier loyer appliqué au précédent locataire ainsi que la date de son dernier versement lorsque celui-ci a quitté les lieux depuis moins de 18 mois. Cette trace permet au nouveau locataire de comparer le prix demandé avec la base autorisée. Une annonce, un échange oral ou un montant hors charges ne remplace pas cette mention contractuelle.

Une hausse n’est pas pour autant exclue dans tous les cas. Si le loyer précédent n’a pas été révisé au cours des douze derniers mois, le bailleur peut appliquer la variation de l’indice de référence des loyers, ou IRL, publiée à la date de signature du nouveau contrat. Le trimestre à retenir dépend du bail et de la situation. L’IRL du deuxième trimestre 2026 a progressé de 1,15 % sur un an selon l’Insee, mais ce chiffre ne constitue pas une majoration automatique pour chaque relocation.

La performance énergétique ferme certaines portes. Service Public précise qu’un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique ne peut pas bénéficier de cette augmentation lors de la remise en location. Cette interdiction vise aussi les voies d’augmentation liées à des travaux ou à un loyer manifestement sous-évalué dans les cas couverts. Elle s’ajoute aux règles de décence énergétique qui déterminent par ailleurs si un logement peut être proposé à la location.

Deux exceptions concentrent l’essentiel des erreurs. Des travaux d’amélioration ou de mise en conformité réalisés depuis le départ du dernier locataire peuvent permettre une hausse selon des seuils et une formule prévus par les textes. Un loyer manifestement sous-évalué peut également être relevé par comparaison avec des logements comparables. Dans les deux cas, il faut des justificatifs, un calcul traçable et le respect des autres plafonds. Une cuisine repeinte ou quelques annonces voisines ne suffisent pas à fixer librement un nouveau prix.

Il faut aussi distinguer deux dispositifs souvent confondus. Le décret annuel limite l’évolution entre l’ancien et le nouveau loyer dans l’ensemble des zones tendues concernées. Certaines agglomérations appliquent en plus un encadrement du niveau des loyers, fondé sur un loyer de référence majoré fixé localement. À Paris et dans plusieurs autres territoires expérimentateurs, le nouveau contrat doit respecter les deux mécanismes. Si le calcul issu de l’ancien loyer dépasse le plafond local, ce plafond reste opposable.

Le complément de loyer n’est pas un moyen de contourner automatiquement ce plafond local. Il suppose des caractéristiques de localisation ou de confort qui ne sont pas déjà prises en compte dans le loyer de référence et son application est encadrée. Le bail doit l’identifier séparément et l’expliquer. Pour le locataire, un montant global conforme à l’ancien loyer ne garantit donc pas à lui seul que le détail respecte le dispositif local applicable.

Les logements mis en location pour la première fois et ceux restés vacants plus longtemps demandent une lecture différente. La référence au précédent loyer peut disparaître ou changer selon la durée d’inoccupation et l’historique du bien. Cela ne fait pas forcément disparaître un plafond local, une interdiction liée au DPE ou les règles générales du bail. Il est plus sûr de repartir de l’adresse, de la date de signature, de la date de départ du précédent occupant et de la classe énergétique.

Avant de signer, le locataire peut demander quatre éléments simples: le montant hors charges payé par le précédent occupant, la date de son dernier paiement, la date de la dernière révision et la classe du DPE. Là où un encadrement local du niveau s’applique, il faut ajouter le loyer de référence, le loyer de référence majoré et, s’il existe, le motif précis du complément. Les charges et le dépôt de garantie doivent rester séparés du loyer utilisé pour ces comparaisons.

En cas d’écart, mieux vaut conserver l’annonce, le bail, le DPE, les échanges écrits et le calcul de l’IRL, puis demander une explication chiffrée au bailleur. L’ADIL du département peut vérifier gratuitement le régime applicable à l’adresse et orienter la démarche. Selon le désaccord, une mise en demeure, la commission départementale de conciliation ou le juge des contentieux de la protection peuvent intervenir. Les délais et la procédure varient selon qu’il s’agit du loyer de base, d’un complément ou d’une révision.

Pour le bailleur, la même méthode réduit le risque de contestation: conserver l’ancien contrat et les quittances, dater la dernière révision, archiver les factures de travaux et vérifier le DPE avant de publier le montant. La reconduction au 1er août n’autorise pas une hausse générale de rentrée. Elle prolonge une règle de continuité, avec des calculs précis et parfois un second plafond local. Le chiffre défendable est celui que le dossier permet de reconstituer.

Sources

  1. Légifrance, décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 modifiant le décret relatif à l’évolution de certains loyers. Vérifié: fondement réglementaire de la reconduction annuelle.
  2. ANIL, « Encadrement de l’évolution des loyers en zones tendues à compter du 1er août 2026 », à jour au 23 juillet 2026. Vérifié: période d’application, champ des baux, relocation, IRL, travaux, sous-évaluation, DPE F/G et articulation avec l’encadrement du niveau.
  3. Service Public, « En quoi consiste l’encadrement des loyers à respecter en zone tendue? », vérifié le 1er août 2026. Vérifié: règle de relocation, délai de 18 mois, IRL, restrictions F/G et parcours de contestation.
  4. Service Public, « Rédaction du bail d’habitation », vérifié le 6 juin 2025. Vérifié: mentions de loyer, ancien loyer, plafonds locaux et complément dans le contrat.
  5. Service Public, simulateur des communes où l’encadrement des loyers s’applique, consulté le 5 août 2026.
  6. Insee, « IRL du deuxième trimestre 2026 », publié le 10 juillet 2026. Vérifié: indice à 148,37 et hausse de 1,15 % sur un an.

Note de la rédaction. Information générale, à jour des sources consultées le 5 août 2026. Le régime exact dépend de l’adresse, du type et de la date du bail, de la durée d’inoccupation, du DPE et d’un éventuel plafond local. Vérifiez votre situation auprès de Service Public ou de votre ADIL; cet article ne remplace pas un avis juridique.

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